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Sud-Kivu : 25 ans après la mort de MUNZIHIRWA, retour sur l’évènement (historique)

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25 ans jour pour jour depuis l’assassinat de monseigneur Christophe MUNZIHIRWA ce 29 Octobre 2021.   La population de Bukavu, La population fuyait en masse, y compris l’armée régulière congolaise. Les messages écrits de l’archevêque montrent qu’il avait l’intention de demander à la population de ne pas déserter la ville et les villages et surtout de solliciter pour la population congolaise et de réfugiés rwandais et burundais une intervention humanitaire urgente. La communauté internationale est restée sourde à ses appels de paix.

Historique

La démission complète des responsables civils et militaires de Bukavu et de la région fit que Munzihirwa restait la seule autorité à s’occuper du sort d’une population abandonnée à elle-même.

 Plus particulièrement lors de l’attaque de la ville de Bukavu et le début des massacres de réfugiés Hutu au Sud Kivu en RDC (ex-Zaïre) par l’armée de Paul Kagame. Les responsables du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avaient plié bagage, bien avant le mois d’octobre 1996 et l’attaque de la RDC (ex-Zaïre) était imminente. La première victime de cette attaque fut Mgr Christophe Munzihirwa.

Il n’avait épargné aucun effort pour aider les réfugiés. Le soir de son assassinat, il venait de sauver les sœurs trappistines d’origine Tutsi vers un lieu où elles se sentaient en sécurité. Le soutien moral et humanitaire de l’archevêque en faveur des réfugiés faisait monter la moutarde au nez du gouvernement rwandais du FPR contre les religieux de la RDC.

 Ce qui explique pourquoi Mgr Munzihirwa et les missionnaires espagnols furent la première cible du commando armé qui a attaqué la ville de Bukavu et les camps de réfugiés Hutu.

 Le lundi 28 octobre, la veille de son assassinat, Mgr Munzihirwa avait convoqué une réunion du ‘Comité de défense des intérêts de la population’ à l’archevêché. Constitué spontanément autour de l’archevêque, ce comité voulait tenter de mettre fin au chaos, au pillage et aux meurtres. La réunion a eu lieu comme prévu le mardi 29 octobre, à 14:00. Parmi les membres de ce comité d’une vingtaine de personnes appartenant à la société civile, on peut citer Dr Miteyo ainsi que les témoins oculaires de l’assassinat de l’archevêque de Bukavu : M. Kabego, M. Mamboleo, M. Lwango, M. Chimanuka, M. Kasaza et M. Biringanine.

Ce dernier fut abattu par le commando FPR à la Place Nyawera au moment de l’attentat contre l’archevêque de Bukavu. À maintes reprises, la Société Civile du Sud Kivu a lancé un cri d’alarme vers la communauté internationale afin que celle-ci intervienne à temps pour sauver la population.

 Ces appels sont restés sans réponse. Comme le décrivent notamment Dr Bruno Miteyo, Joseph Sagahutu, Marie Béatrice Umutesi, les missionnaires occidentaux résidant à Bukavu, les différents rapports des ONG et de la Société Civile, la situation était grave et dangereuse.

 Les infiltrations armées à partir du Rwanda voisin et dans la ville d’Uvira se faisaient désormais au grand jour, les cadavres des congolais et des réfugiés jonchaient toutes les rues, les tirs de mortier à partir de la frontière rwandaise se faisaient jusque dans la ville de Bukavu surtout à partir du 22 octobre 1996.

 Le 29 octobre, les rebelles (FPR/AFDL) avaient pris position partout dans la ville. La population fuyait en masse, y compris l’armée régulière congolaise. Les messages écrits de l’archevêque montrent qu’il avait l’intention de demander à la population de ne pas déserter la ville et les villages et surtout de solliciter pour la population congolaise et de réfugiés rwandais et burundais une intervention humanitaire urgente. La communauté internationale est restée sourde à ses appels de paix.

 Dans ses lettres pastorales du mois d’octobre jusqu’au jour de son assassinat, l’archevêque de Bukavu y dénonce l’enrôlement forcé des jeunes par l’armée du FPR et la pose « des mines antipersonnel », « les attaques répétées du Rwanda contre l’est du Zaïre », lesquelles attaques avaient « déjà fait de nombreuses victimes civiles dans le Kivu ».

 Cette situation catastrophique préoccupait la Société Civile de Bukavu. Le mardi, 29 octobre vers 18:00, juste après la réunion, Mgr Munzihirwa quitta l’archevêché pour rentrer au collège jésuite Alfagiri où il voulait passer la nuit. Il était accompagné de son chauffeur et de son garde du corps, un militaire de l’armée congolaise, chargé de lui faciliter le passage de contrôles installés un peu partout dans la ville. Un deuxième véhicule appartenant à M. Kabego le suivait de près depuis l’archevêché.

 À un croisement de routes sur la place du marché de Nyawera, la voiture de l’archevêque fut immobilisée par des tirs en rafales d’un commando rwandais du FPR déjà stationné sur les lieux. M. Biringanine, qui était dans la voiture de M. Kabego, fut abattu au fusil par les militaires FPR. L’escorte de l’archevêque est abattue (son garde du corps et son chauffeur).

 Mgr Munzihirwa sort de la voiture et, croix en main, se dirige vers les militaires. Les militaires l’ont d’abord soumis à un interrogatoire et aux tortures près de la clôture de la SINELAC, puis, ils l’ont exécuté. Le corps de l’archevêque est resté jusqu’au lendemain tel qu’il est sur la photo de couverture du livre d’Ambroise Bulambo.

 Les Pères xavériens de Vamaro ont réussi à obtenir l’autorisation de récupérer le corps de Mgr Munzihirwa qui, aujourd’hui, repose à l’entrée principale de la cathédrale de Bukavu, Notre Dame de la paix.

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